Au dessus des nuages

Posted On janvier 16, 2008

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Les photos sont disponibles plus bas. Voici la suite de mes aventures en terre inconnue et en terrain difficile.

Histoire de se préparer pour l’ascension de l’Urkema peak, j’ai emmené mon équipe (2 Népalais Sherpa, des forces de la nature) pour grimper au sommet du Tsergo Ri, un autre peak de 4950 mètres. Très bonne préparation même si on ne prend pas notre matériel d’alpinisme et qu’on se retrouve à 200 mètres du sommet a zigzagué entre les crevasses et à glisser sur les pentes verglacées. Il faut dire que c’est l’hiver au Népal et les chutes de neige et tempêtes sont violentes ici. J’apprends par la même occasion que c’est la première fois que mes compères tentent une ascension en hiver et qu’ils m’ont pris pour un fou quand je leur ai proposé de faire ça.
Du sommet du Tsergo Ri, la vue est splendide avec des sommets de 7000 mètres qui m’entourent et le Tibet juste à quelques kilomètres.

Le lendemain matin, lever 7h00 avec le soleil et un petit-déjeuner consistant (chapati, pommes de terres et soupe) pour commencer l’ascension et rejoindre le camp de base avancé qui se trouve à 5000 mètres. Partie de plaisir car on se trouve à 3950 mètres. Encore une fois, c’est moyen niveau acclimatation mais je n’ai pas envie que l’ascension dure plus que 2 jours sachant que la météo devient menaçante. A partir de la, on quitte toute civilisation et on se retrouve dans une vallée complètement perdue avec pour final 2 heures à se traîner dans la neige pour trouver un terrain plat et planter la tente. Nous sommes au pied d’un glacier gigantesque et un peu instable par endroit avec pour toile de fond l’Urkema peak qui nous défie. On s’entasse à trois dans la tente qui deviendra un bordel monstre après 3 jours de vie commune à l’intérieur.

Le plus gros problème des expéditions au Népal est l’altitude. A cause de l’altitude, le corps ne dors plus, ne veut plus recevoir de nourriture, ne répond plus au cerveau et demande une quantité énorme d’eau. La seule source d’eau qui nous entoure est la neige qui prend environ 45 minutes pour bouillir à 5000 mètres d’altitude. On passe donc notre soirée à attendre notre tasse de thé, à préparer le matériel pour le lendemain et à se réchauffer comme on peut (-30 degrés, la grosse lutte, j’ai jamais eu aussi froid de ma vie). On se décide à se lever à 3h00 du mat pour partir vers 4h00 le lendemain.

A cause de l’excitation et du froid, je n’ai pas réussi à fermer l’œil de la nuit. Même pas pour 10 minutes. Je ne suis pas le seul d’ailleurs. Bagman a eu le même problème que moi. J’en arrive à proposer de faire l’ascension le lendemain mais je sais intimement qu’il faut y aller. Apres environ 3-4 cafés bien noirs et presque 4 heures pour se préparer, on pose nos crampons sur le glacier et commençons la longue marche qui nous mènera au sommet 7 heures plus tard. Les premiers pas nous rassurent peu vu que nous ne pouvons pas apercevoir les crevasses qui nous le savons peuvent être de plusieurs mètres de profondeur.

Première frayeur 30 minutes après le départ. Nous marchons sur le glacier qui mène au premier mur de glace quand tout a coup, le bloc de glace nous lequel on se trouve s’affaisse de peut être 2 cm avec un gros bruit. Croyez-moi, ça parait peu mais on le sent et ça glace le sang. Arrêt total. Je propose de faire demi-tour et trouver un autre chemin mais mes amis Népalais ont en vus d’autres et il m’oblige gentiment à continuer. Je me fis à leur expérience (plusieurs fois au sommet de l’Everest, ça force le respect) et nous continuons gaiement mais prudemment.

Après 2 heures de marche sur un glacier de 300 mètres de long et sur une pente d’environ 30 degrés, nous arrivons à la première difficulté : un mur de glace de 300 mètres de haut. Super impressionnant surtout qu’il n’y a pas de moyen de retraite et il faut y passer Comme prévu et longuement discuté dans la tente la veille, je veux faire l’ascension en mode Alpin. Ce qui veut dire sans corde fixe jusqu’au sommet. Et c’est parti. Grâce à nos crampons et aux piolets, nous progressons rapidement sans prendre trop de risques. Je parviens à prendre des bonnes prises et il n’y a aucun vent, ce qui facilite la tache. Je sais que le soleil se trouve en haut de ce mur et le froid me presse d’y arriver. Les derniers 20 mètres sont très compliqués et nous sommes obligés de contourner un obstacle et d’effectuer une traverse vers un point moins abrupte à 30 mètres sur notre gauche. Corde obligatoire sinon je sais que je tombe. J’abandonne mon ascension alpine et attend avec impatience que Nawang se fasse la traverse tout seul sans attache. La, c’est le moment de trouver une position confortable car on ne peux plus bouger pendant 15 minutes. Moment de solitude extrême à se dire : est-ce que mon piolet va lâcher ou les pointes de mes crampons se détacher de la glace. Grâce à la corde, nous arrivons enfin au sommet de ce mur et pouvons se réchauffer au soleil avec une petite collation.

La partie suivante s’avère facile avec une montée douce sans crevasse. Il est difficile de respirer à cause du manque d’oxygène mais c’est la seule partie de l’ascension qui n’est pas technique alors je profite. Je peux enfin regarder autour de moi et profiter du paysage grandiose avec des peaks partout et avec la vue d’un tout petit point déjà en bas : notre tente. On ressort les cordes pour passer un passage difficile qui nous permet d’arriver à seulement 200 mètres du sommet.

La on se retrouve face a une énorme crevasse qui court sur tous le long du passage. Nous finissons par trouver un passage ou elle est plus étroite : seulement un mètre. Nawang saute par-dessus, nous fixe une corde puis je m’élance à mon tour. Il ne reste plus que 200 mètres à grimper sur une pente d’environ 50 degrés pour arriver au sommet. Je commence à y croire et puis enfin je pose le pied sur le sommet. Grande joie et surtout une vue à couper le souffle. J’arrive même à voir la vallée de Kathmandu, les chaînes de l’Annapurna, de l’Everest et du Langtang. Le temps est magnifique, il n’y a pas de vent.
Mais bizarrement, la joie va vite faire place à une envie de descendre et de se mettre à l’abri dans la tente. Je me rends compte au sommet que ça fait 30 heures que je n’ai pas dormi. Je suis épuisé et il faut redescendre maintenant. Photos, sourires, congratulations entre nous puis on se met en route pour la descente ; le moment le plus difficile : attention aux erreurs.

Tout se passera bien sauf que pour descendre le mur de 300, nous n’avons que 2 cordes de 50 mètres chacune. Acrobatie de dernière minute puis redescente sur le glacier pour rejoindre la tente ou l’on s’écroule de fatigue sans même manger (pas de lunch non plus d’ailleurs ce jour la). On se réveillera le lendemain matin vers 6h00 affamé et heureux du succès de l’expédition. Je me rends compte que j’ai dormi avec mon harnais avec le Jumlar qui pend encore.

Ca a été une expérience extraordinaire une fois de plus. Etre le premier français et européen est anecdotique mais ça a de la valeur tout de même. Prochain projet : je ne sais pas encore mais je recommence dès que je peux.

Voici les photos.
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Urkema peak – 5850 metres

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Montée vers le camp de base avancé

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Notre campement avec Urkema Peak au fond (ça parait facile, n’est-ce pas ?)

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Le matin vers 7h00 – En route pour le sommet

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Glacier

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Les choses serieuses commencent

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Massif du Langtang

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Et voici le fameux mur
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Si proche et si loin…

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On voit en bas a gauche le Tsergo Ri, sommet que l’on a gravi 2 jours avant pour s’entraîner. Parait petit tout a coup.

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Tout en bas, c’est Bagman qui nous rejoint après le mur.

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Chaine du Manaslu

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Le sommet Naya Kanga situe a la meme altitude: 5800 metres. Quand on voit les sommets qui semblent petits au fond, je me rends compte du trajet accompli.

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Quelques sommets autour de l’Urkema Peak

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Enfin au sommet. Grand moment de joie après les 7 heures d’ascension.

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Avec Bagman

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Avec Nawang

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Naya Kanga

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Descente

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One Response to “Au dessus des nuages”

  1. Damien

    Bravo Julien pour ce nouveau sommet. Ca semble magnifique ce que tu racontes. Et félicitations, maintenant on peut dire « on le connait le premier européen à avoir gravi l’Urkema Peak » !!
    Bonne chance pour les suivants.

    A bientôt.

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